Toutes les excuses ridicules des parents modernes

Quelles sont vos excuses pour permettre à vos enfants de passer 6 heures par jour devant un écran et de regarder des choses sans votre surveillance ?

Quel est le contenu qu’un enfant de neuf ans doit suivre quotidiennement sur les médias sociaux et dont les parents s’inquiètent enfin ?

Quand les enseignants comprendront-ils enfin les dangers des écrans pour les jeunes enfants ?

Quand commenceront-ils à s’inquiéter ?

D’ailleurs, savez-vous ce que vos enfants regardent sur leurs téléphones ou leurs tablettes ? Quels sont les contenus qui leur sont accessibles ?

Ou, une question encore meilleure serait : est-ce que ça vous intéresse ?

Je vais vous donner un exemple…
Hier, j’ai vu ce que mes élèves regardaient pendant leur pause déjeuner. Un collègue a sorti son téléphone portable et un groupe de six étudiants regardait une vidéo. De mon siège, je pouvais entendre la musique. Très joyeux, je dois dire.

Puis, soudainement, j’ai entendu les mots.

« Qu’est-ce qu’il y a, chérie, le bus ne vient pas ? Ne vous inquiétez pas, montez dans ma voiture et je vous montrerai la ville ».

Bien sûr, je suis allé voir le groupe d’étudiants pour regarder la vidéo. Et ni ce titre, ni cette chanson, ni cette vidéo, ni les paroles ne sont plus effrayants que la cerise sur le gâteau. Nous ne sommes même plus choqués par ce que les enfants voient ou entendent.

Parce que tout le monde l’écoute. Toute la classe.

Mais le pire, c’est la fin de la vidéo. Trois filles, jeunes, séduisantes, habillées de façon provocante, montent dans la voiture de l’inconnu. De plus, ces trois filles en talons hauts et mini-jupes courent jusqu’à la voiture, montent dedans et partent avec un inconnu dans une direction inconnue.

La vidéo a été vue 20 millions de fois en un mois.

Ceci, chers parents, est un examen de conscience pour vos enfants.
Ces trois filles ont dit à leurs enfants qu’il était parfaitement normal de monter dans une voiture avec un inconnu parce qu’il n’y a pas de bus.

Vingt millions de visites. Cela représente « seulement » un demi-million d’enfants qui ont écouté la chanson 40 fois. C’est un million de parents qui sont totalement d’accord. Au moins un million. Des parents qui ne se soucient pas du monde dans lequel vivent leurs enfants.

Nous vous demandons donc, chers parents :

Quelles sont vos excuses pour permettre à vos enfants de passer 6 heures par jour devant un écran ?

Pourquoi les laissez-vous regarder ces choses ?

  • Ne me demandez pas, mon fils passe toute la journée à regarder l’écran. Mais nous avons aussi regardé de mauvaises idoles dans les années 90 et nous ne sommes pas devenus antisociaux, dangereux ou stupides.
  • Dieu m’en garde, je me suis lâché une fois et j’ai été horrifié. Mais toute la classe regarde. Tout le monde est sur l’écran, donc je ne peux pas l’interdire !
  • C’est la faute de l’école, les téléphones portables devraient être interdits à l’école. Mais je ne peux pas contrôler ce qui se passe à la maison.
  • Je sais que j’ai demandé… Mais mon fils dit qu’il regarde ces vidéos parce qu’elles sont drôles, mais il est au-dessus de tout ça. Il a été clair sur le fait qu’il ne ferait jamais quelque chose comme ça.

C’est aussi la faute de la société, c’est aussi la faute des médias qui diffusent ces vidéos.
C’est aussi la faute de l’État, qui ne sanctionne pas ces choses, permettant aux vidéos avec ces messages d’être postées, écoutées, regardées et annoncées sans aucun problème. Et même si ces vidéos peuvent être dangereuses, nous les envoyons dans le monde.

Mais si vous savez, si vous savez parfaitement que ni la société, ni l’État, ni l’école ne feront rien pour votre enfant si vous ne le faites pas vous-même, qu’est-ce qui vous empêche de dire « Je veux savoir ce que mes enfants voient » ?

  • Je veux être impliqué, je veux voir ce qu’ils entendent, je veux en parler, je veux savoir pourquoi ils aiment ça.
  • Je veux savoir si c’est vraiment juste une phase ou si cela va vous affecter de manière significative.
  • Je veux faire partie de votre vie au quotidien, en parlant le plus possible et en regardant l’écran le moins possible.
  • Je veux que notre maison soit exempte de télé-réalité et de musique qui sexualise les jeunes.
  • Je veux qu’on dîne ensemble tous les jours.
  • Je veux qu’on ne parle pas au téléphone pendant le dîner.
  • Je ne veux pas que tu fasses partie du demi-million d’enfants qui regardent ces trucs.

Mais cela nécessite deux choses. Patience et engagement.

Vous avez ça pour vos enfants ?