À toutes les mères célibataires du monde

Être une mère est difficile, mais être une mère célibataire est la chose la plus difficile au monde.

Vous êtes seule, confrontée à une immense douleur et à des enfants qui ont plus que jamais besoin de vous.

Et chaque jour, vous vous surprenez à pleurer à chaudes larmes parce que la vie a été injuste, et puis vous voyez ces deux petits yeux brillants qui vous regardent et vous demandent si vous allez bien.

Nous nous levons donc, rassemblons nos dernières forces et disons que maman va bien et qu’elle ne pleurait pas vraiment, qu’elle avait juste un grain de poussière dans l’œil.

Nous mentons à notre enfant – incapables de croire notre propre mensonge – mais nous ne voulons pas lui faire de mal parce que nous ne voulons pas qu’il souffre autant que nous.

Nous ne voulons pas qu’il manque d’une figure paternelle et nous essayons constamment de lui donner cette double dose d’amour pour compenser ce que son soi-disant père ne peut pas lui donner.

Parce qu’il a un père, mais son enfant ne l’appellera jamais « papa ». Les pères ne font pas ça. Ils n’attristent pas les mères et n’abandonnent pas leurs enfants.

Les pères sont là tous les soirs pour border leurs enfants dans leur lit et leur souhaiter bonne nuit. Ils sont présents à chaque match de football et sont leurs plus grands supporters.

Les parents portent leurs enfants sur leurs épaules et leur font croire qu’ils peuvent conquérir le monde de cette hauteur.

Les pères font en sorte que leurs enfants se sentent spéciaux et uniques. Mais s’il n’y a pas de père, l’autre parent doit tout faire seul : c’est la tâche des mères célibataires. Ils portent un lourd fardeau sur leurs épaules et pourtant ils ne se plaignent jamais des difficultés. Ils sont passés maîtres dans l’art du multitâche et font des choses qu’ils n’auraient jamais cru pouvoir faire.

Ils sont épuisés par le travail quotidien qu’ils ont dû accomplir seuls, mais ils n’en parlent jamais.

Les mères célibataires ne parlent jamais des deux emplois qu’elles occupent pour payer le loyer et les factures.

Ils ne parlent jamais de leur douleur intérieure et de tout l’amour qu’ils portent encore en eux et qui ne leur est jamais rendu.

En public, elles prétendent être des femmes fortes, mais une fois entre leurs quatre murs, elles se brisent en mille morceaux, des morceaux qui, quoi qu’il arrive, ne pourront jamais être reconstitués.

Et ainsi ils vivent, comme si tout était normal et que leur vie était un rêve.

Les mères célibataires sont de véritables héroïnes, mais personne ne les remarque. Il est facile de faire des commérages à leur sujet et de les condamner, mais une fois que vous vous mettez à leur place, vous comprenez que chaque jour est un combat.

Un combat pour la vie et pour ces petits êtres qui sont pleins d’admiration pour eux et se croient si puissants qu’ils peuvent résoudre tous les problèmes.

Et pour ces grands yeux, pour ce petit et simple sourire qui a le pouvoir de changer une journée, vous, les mères célibataires, vous vous battez deux fois plus fort que les autres. Vous vous battez pour leur donner tout ce dont ils ont besoin, pour leur offrir amour, affection et conseils.

Vous avez deux emplois parce que vous savez que la pension n’est pas suffisante. Vous ne voulez pas décevoir vos enfants plus qu’ils ne le sont déjà.

Vous détestez les larmes que vous voyez parfois dans leurs yeux lorsqu’ils voient des familles « normales » quitter le parc et rentrer ensemble à la maison.

Tu détestes ne pas pouvoir leur expliquer pourquoi papa n’est pas avec toi quand tu rentres à la maison.

Vous avez une boule dans la gorge, vous êtes au bord des larmes, mais vous parvenez tout de même à trouver une réponse et à dire à vos enfants que la prochaine fois, vous passerez du temps avec papa. Et c’est à pas lourds que vous rentrez chez vous, en prétendant être le super-héros toujours souriant et bien portant.

Vous faites de votre mieux pour être la mère parfaite pour vos enfants, mais vous savez que c’est plus difficile que jamais.
Lorsque votre enfant s’endort enfin dans vos bras, vous le regardez et ne regrettez rien de ce que vous avez fait pour lui. Cela ne vous dérange pas d’être à la fois une mère, une femme au foyer, un médecin, un psychologue, une meilleure amie, une serveuse et un guide touristique.

Vous ne vous souciez pas du fait que vous le faites tous les jours, tout le temps, sans être payé pour cela. Vous ne vous souciez même pas de devoir travailler deux fois plus parce que vous savez que votre enfant grandira et deviendra une bonne personne.

Et nous devons tout cela à vous, les mères !